
La côte m’habite depuis toujours à travers la couleur.
Non pas comme une vue unique, mais comme une succession de strates : ciel pâle, terre au loin, eau sombre, sol humide, herbes marines et éclats de couleur surgissant le long de l’horizon. Le paysage se transforme constamment, mais quelque chose dans sa structure demeure familier. Une ligne sépare un espace d’un autre. La lumière se déplace sur la surface. La couleur s’accumule, s’efface, puis revient.
Cette nouvelle collection GeoHorizon est née de cette sensation.
Elle réunit deux grandes peintures de 36 × 36 pouces et sept œuvres plus petites de 16 × 16 pouces réalisées sur panneau de bois. Bien que chaque tableau se soit développé individuellement, les œuvres ont peu à peu commencé à dialoguer entre elles par leurs bandes de couleur, leurs espaces ouverts, leurs couches translucides et leurs coulures.

Green Current est la plus lumineuse et la plus expansive des deux grandes œuvres. Un ciel bleu pâle s’ouvre au-dessus d’étroits passages de rouille, de vert profond et de vert doré. Plus bas, le turquoise glisse vers des teintes plus sombres évoquant l’eau, traversées de coulures et de traces de mouvement.
La peinture possède quelque chose à la fois d’ancré et de fluide. Les bandes horizontales suggèrent la terre, le rivage ou des champs aperçus au loin, tandis que la partie inférieure semble moins fixe — comme de l’eau, de la végétation ou une couleur qui se prolonge sous la surface.

Mélodie Verte dégage une atmosphère plus calme et plus profonde. Son champ supérieur vert olive pâle est adouci par des voiles translucides et de fines marques verticales. En dessous, une étroite ligne d’horizon rouge laisse place à une riche surface bourgogne parcourue de longues coulures.
La peinture possède un rythme plus lent. Les couleurs sont terreuses et intimes, tandis que l’espace pâle de la partie supérieure lui conserve toute son ouverture. Son cadre en métal au fini chêne foncé accentue sa profondeur et fait ressortir la chaleur des rouges et des tons bourgogne.
Les sept petites peintures prolongent le dialogue entre ces deux œuvres de grand format.

Tideline, Sandbar et Horizon Fire reprennent les notes les plus lumineuses du littoral : couleurs pâles, horizons ouverts, chaleur minérale et éclats dorés ou orangés. Deep Water s’oriente vers des verts et des bleus plus profonds, créant un passage entre les dimensions lumineuses et plus sombres de la collection.
Evening Rose, Violet Shore et Winter Coast évoluent vers des couleurs plus crépusculaires. Le rose, le violet, le bourgogne, le bleu et les tons feutrés de l’hiver créent une atmosphère différente, sans jamais quitter complètement le paysage.
Les petites œuvres ne sont pas des études préparatoires aux grandes peintures. Chacune est une œuvre complète, avec son propre équilibre, son atmosphère et sa ligne d’horizon. Ensemble, elles forment toutefois une séquence changeante : le jour glissant vers le soir, l’eau devenant terre, la chaleur rencontrant des couleurs plus froides.
Les coulures apparaissent dans l’ensemble de la collection, parfois de façon évidente, parfois presque dissimulées sous la surface. Elles demeurent une part importante de mon langage visuel. Elles évoquent les racines, les commencements, la croissance et les structures invisibles qui nous relient aux lieux.
Je pense souvent à la peinture comme à une façon de chanter avec la couleur. Dans ces œuvres, certaines couleurs apparaissent comme des notes claires, tandis que d’autres demeurent suspendues sous des voiles et des couches successives. Les horizons les rassemblent.
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GeoHorizon — Couleurs du littoral explore ce lieu de rencontre — entre la terre et l’eau, la distance et la mémoire, l’immobilité et le mouvement. Les peintures ne décrivent pas un littoral précis. Elles cherchent plutôt à préserver la sensation d’un espace côtier : de l’espace pour respirer, une lumière changeante et la couleur qui s’étire vers l’horizon.


